
Le pont de Bellevue, emprunté par le périphérique nantais pour franchir la Loire à l’est de l’agglomération, enregistre un trafic très dense, voire saturé aux heures d’embauche et de débauche et lors des transhumances vacancières. C’est d’ailleurs aussi le cas du pont de Cheviré qui est son pendant à l’ouest. Pour solutionner ce problème, certains dont M. Julien Bainvel, potentiel candidat de la droite nantaise aux prochaines élections municipales, envisagent son agrandissement
Si à ce jour rien n’est acté, une étude de faisabilité à 3 millions d’€ est en cours qui donne une première estimation du projet aux alentours de 130 millions d’€. À l’heure où Gouvernement, Région et Métropole cherchent à tout prix à faire des économies, cela ressemblerait presque à de la provocation. D’autant que nous savons bien qu’en France les budgets prévisionnels n’existent souvent que pour être dépassés, et c’est un euphémisme.
Alors, cet élargissement envisagé est-il la bonne réponse ? C’est une réalité bien connue des usagers de la route et en particulier des citadins : le trafic est très fluctuant, alternant totale fluidité et ralentissements sinon embouteillages selon les heures du jour, et/ou les saisons. A priori on pourrait penser qu’ajouter une nouvelle voie sur un axe de circulation améliore les flux en permettant d’ évacuer les bouchons. Sauf qu’en cas d’aménagement routier, le nombre de véhicules va croissant de sorte que la fluidification, constatée dans un premier temps, ne perdure pas. On retrouve très vite un trafic dense, puis on revient à la situation antérieure. C’est comme si pour les automobilistes il y avait un certain seuil acceptable d’embouteillage, vécu comme une situation habituelle, sinon normale ! Quand les citadins (pour ne citer qu’eux) circulent mieux, cela les incite à rouler plus dans leurs trajets intramétropolitains, et plus loin en deuxième ou en troisième couronne pour vivre leur quotidien. Avec donc pour principale conséquence, non pas plus de « temps de gagné » mais encore plus de pollution et de bruit, surtout pour les riverains. Les exemples ont été largement commentés à Paris, Lille, Rennes, Strasbourg, et ailleurs…
Sans oublier qu’au cas où malgré tout ce projet devait être adopté et mis en œuvre, il y aurait immanquablement sur le périphérique une augmentation significative des flux nationaux et internationaux.
Décidément ce projet d’élargissement n’est, au mieux, rien de plus qu’un appel d’air … pollué et un déni écologique.
Yves B & Jean C
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